Le Costa Rica ne veut pas entendre parler de la Cour Centraméricaine de Justice

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Le conflit frontalier entre Costa Rica et Nicaragua autour du fleuve San Juan est encore monté d'un cran. Le Nicaragua a dénoncé la construction d'une route frontalière côté costaricain devant la Cour Centraméricaine de Justice, laquelle vient d'ordonner au Costa Rica la suspension immédiate des travaux. Le Costa Rica répond qu'il n'a pas à se soumettre à un arrêt de la CCJ.

Ambiance en Amérique Centrale. Suite à des tensions frontalières sur le fleuve San Juan, le Costa Rica a lancé la construction d'une route pour éviter aux habitants du nord d'utiliser le fleuve comme moyen de déplacement. Le Nicaragua a immédiatement dénoncé des atteintes à l'environnement et le non-respect des accords de gestion du fleuve, dont le bassin versant est affecté par les travaux. Le pays hésitait un peu sur les arguments à mettre en avant et les instances à saisir, le conflit sur le fleuve étant déjà passé par la Cour Internationale de Justice de La Haye l'an dernier.

Cette fois, Managua a saisi la Cour Centraméricaine de Justice, une des institutions du SICA, le processus d'intégration centre-américain, guère flambard. Dans un arrêt rendu mardi 17 janvier, cet organe de justice a ordonné au Costa Rica l'arrêt immédiat des travaux en raison de graves dommages sur l'environnement. A quoi le Costa Rica a répondu que la CCJ n'avait aucune compétence sur le pays, qu'il ne relevait pas de sa juridiction et qu'il tenait l'arrêt pour nul et non avenu: comme ses voisins centraméricains le Panama et le Belice, le Costa Rica n'a pas reconnu l'institution.

Bien sûr que si, réplique le président de la Cour, le hondurénien Francisco Darío Lobo, puisque le Costa Rica a ratifié entre 2002 et 2006 une série d'accords du SICA, auquel est rattachée la CCJ. Que non, insiste le ministre des Affaires Etrangères costaricain: appartenir au SICA ne suppose pas de reconnaître son organe de réglement de différends. Présenté comme ça, il faut reconnaître que l'argument a l'air un peu douteux, il faudrait voir précisément ce qu'a signé le Costa Rica.

Alors que le président nicaraguayen Daniel Ortega a entamé son deuxième mandat consécutif il y a une semaine, les relations tico-nicas ne sont visiblement pas près de s'arranger.