L'Amérique Latine à la conquête de l'Espagne

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La situation économique mondiale renverse l'histoire: les multinationales latinas, dites "multilatinas", se lancent à l'assaut de leurs anciennes métropoles. La montée en puissance de la mexicaine Pemex dans le capital de l'espagnole Repsol fait grincer des dents dans la péninsule ibérique.

L'entreprise nationale mexicaine d'énergie Pemex va acquérir 5% de plus de Repsol, portant ainsi sa participation à 9.81% dans l'entreprise énergétique espagnole. Elle n'est pas le premier actionnaire, loin de là, mais a passé un accord avec l'entreprise de BTP espagnole Sacyr (20% de Repsol), pour les 10 ans à venir, puis renouvelable tous les 5 ans. Cette entente vise à voter en commun sur les grandes décisions affectant Repsol.

Si Madrid ne trouvait rien à redire à l'achat massif des grandes entreprises latinoaméricaines fraîchement privatisées dans les années 90 - Repsol s'était notamment emparé en 1999 d'YPF, l'ex-entreprise nationale énergétique argentine - les presque 10% de Pemex font s'étrangler commentateurs et personnel politique.

L'ancien président Felipe González a notamment fait savoir son désagrément: il craint que les décisions ne soient prises dans un sens plus favorable à Pemex qu'à Repsol. Euh, il pourrait en toucher deux mots à Sacyr, qui est espagnole aussi; et qui a dit quelque chose quand Repsol a vampirisé les bénéfices d'YPF et que l'Argentine s'enfonçait dans la crise? It's the economy, stupid.

BBC Mundo relève d'autres investissements mexicains en Espagne: Cemex (BTP), Televisa (Télévision) et Herdez (agroalimentaire) y ont investi près de six milliards de dollars au cours de la dernière décennie (et ça fait bien plus longtemps que le pain de mie Bimbo, mexicain aussi, est une valeur sûre!!). Des groupes brésiliens, comme Alpargatas (qui détient notamment la marque Havaianas) et Carmargo Correa (qui fait un peu de tout), ont également pris pied dans la péninsule.