La Banque du Sud, le retour

Catégorie:

Six ans après sa création, à l'instigation de feu Hugo Chavez notamment, la Banque du Sud tient sa première réunion à haut niveau. Tout vient à point à qui sait attendre, dit-on.

Caracas accueillait hier ministres de l'Economie et autres représentants des six pays membres de la Banque du Sud, pensée en son temps comme une alternative aux institutions financières internationales (Fond Monétaire International, Banque Mondiale et Banque Interaméricaine de Développement), lesquelles imposent en général des mesures d'ajustement structurel comme condition pour accorder des prêts.

Argentine, Bolivie, Brésil, Equateur, Uruguay et Venezuela ont ainsi publiquement relancé ce projet de réserve centrale des richesses latinoaméricaines, de soutien financier à ses membres et de banque d'investissement dans des projets d'infrastructures en particulier. Ce "Premier Conseil des Ministres" a évoqué des projets d'interconnexion électrique, de réseau routier sud-américain, de silos.

TeleSur, la chaîne de télévision bolivarienne créée là encore par Hugo Chavez en 2005, couvre largement la relance de cette initiative qui est, selon les termes de l'amphytrion Elias Jaua - ex-vice-président venezuelien et désormais ministre des Affaires Etrangères, le nouveau vice-président étant le gendre de Chavez, parce que quand même - "le rêve de Bolivar, de Hugo Chavez et de nos peuples". Ce tiercé est à la politique venezuelienne ce que la quinte flush royale est au poker: l'argument imparable.

La banque est censée disposer de "ressources autorisées " de vingt milliards de dollars apportés par ses membres en fonction de la taille de leur économie, comme on peut l'apprécier sur cette carte du journal équatorien Hoy (notez au passage l'inversion entre Paraguay, pays méditerranéen, et l'Uruguay, well done guys), l'apport initial ayant été finalement abaissé à sept milliards.

Pays membre de la Banque du Sud, le Paraguay est suspendu suite à la destitution expéditive du président Lugo en juin 2012. Il réintégrera le "concert des nations" sud-américaines dès la prise de fonctions du nouveau président, Horacio Cartes, le 15 août prochain. Ce qui ne veut pas dire qu'une instance bolivarienne fasse partie de ses priorités.