Comment la France a participé à la Guerre des Malouines

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Alors que le 2 avril prochain marquera le trentième anniversaire du début de la guerre des Malouines, BBC Mundo revient à grands coups de documents déclassifiés sur le rôle du "meilleur allié" des Britanniques, selon l'expression de Sir John Nott, secrétaire de la Défense britannique de l'époque.

Au début du conflit, le président français François Mitterrand avait marqué sa solidarité envers la politique du gouvernement de Sa Gracieuse Majesté en décrétant un embargo sur les ventes d'armes françaises à l'Argentine. Las, Dassault avait pour lors déjà vendu à la junte militaire - on ne soulignera jamais assez combien les dictatures sont de bonnes clientes - cinq missiles Exocet. Et une équipe technique sur place, présente à l'insu du plein gré de tout le monde, s'occupait de pallier un problème affectant les lanceurs: trois missiles avaient fait long feu. Grâce à cette intervention, les deux derniers purent toucher leurs cibles, respectivement le HMS Sheffield et l'Atlantic Conveyor, au cours du mois de mai 1982. Bilan: trente-deux morts.

Les acteurs de l'époque, interrogés par la BBC, n'ont pu donner d'explications à cette intervention de SAV qui violait une décision politique de premier rang. Dassault indique ne pas pouvoir confirmer, trente ans après - des archives? oh ben non, sûrement pas...- que le feu vert ait été donné. Au ministère de la Défense, on ignorait la présence d'une équipe technique française sur le sol argentin; mais celle-ci est qualifiée d'inexcusable. Ce qui ne mange pas de pain. La DGSE était au courant, par contre, ça alors: un des membres de l'équipe était une taupe. Les Britanniques eux-mêmes étaient informés de la présence de techniciens - ayons une pensée pour Charles Hernu qui ne devait pas avoir les bons collaborateurs ou les bons téléphones, rayez la mention inutile - mais pas de la nature de leur intervention. Qui ne les étonne pas pour autant: les Français, lâche sir John Nott, ont toujours agi avec duplicité.

T'as le bonjour de la perfide Albion.