Capriles, le candidat de l'opposition à Chavez

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Lors de primaires inédites, l'opposition vénézuélienne a choisi son candidat pour l'élection présidentielle du  octobre 2012. Henrique Capriles Radonski, 39 ans, gouverneur de l'état de Miranda - le deuxième du pays en nombre d'habitants - a obtenu près de 60% des voix alors que 17% du corps électoral s'est déplacé pour voter ce dimanche. C'est la première fois, en 13 ans de mandat d'Hugo Chavez, que la vingtaine de partis d'opposition réussit à s'organiser et à présenter un candidat unique. BBC Mundo revient sur les projet de Capriles.

Le candidat, s'il est élu, devra s'attaquer prioritairement à une inflation galopante, de près de 26% par an - la plus forte inflation officielle d'Amérique Latine. Pour la combattre, il entend développer la production nationale, en réduisant les importations et en promouvant la concurrence. Autant dire, une révolution... qui s'ajoute à une autre: Caprile est en désaccord avec la politique de nationalisations et d'expropriations de Chavez et veut au contraire attirer les investissements étrangers - ce qui suppose d'offrir des garanties aux investisseurs. Libérer le marché passe aussi par la fin du contrôle étatique des prix et des changes, mais cet abandon ne pourra être que progressif.

En ce qui concerne le pétrole, dont le Venezuela est désormais le premier réservoir mondial, Capriles a tenu a rassurer: non, il ne privatisera pas l'entreprise (nationalisée par Chavez) PdVSA, mais en revanche son activité devra se limiter à l'exploitation pétrolière. Plus question, comme c'est le cas actuellement, que PdVSA finance les actions et les politiques sociales de la nation et des alliés extérieurs - notamment au sein de l'ALBA; Chavez l'utilise de fait ses bénéfices à discrétion et un peu comme ça lui prend. Les accords pétroliers avec d'autres pays seront révisés (je pense que ceux qui payent leur pétrole en haricots ont du mouron à se faire). Enfin, la politique de subvention du carburant pourrait être revue, ce qui sonnerait le glas du litre d'essence à 2 cents de dollars.

Quant à son orientation politique, Capriles se déclare progressiste, de centre-gauche, partisan de la justice sociale et se réclame de Lula. Il veut "un Etat fort, promoteur, qui oriente et qui régule quand il faut réguler". Il considère en revanche que la pauvreté ne recule pas quand les pauvres reçoivent des subventions permanentes. Encore un peu et il va nous parler du poisson et de la canne à pêche; d'ailleurs il compte bien créer un million d'emplois dans le secteur primaire. Pour combattre la pauvreté, c'est l'éducation qui sera le fer de lance.

Enfin, il entend ne pas envahir la vie de ses Vénézuéliennes, Vénézuéliens, chers compatriotes, comprenez: c'est la fin du programme télé Aló Presidente.

Et ça, ça serait trop triste.

Crédits photo: Mcadenas45