Bolivie: Morales démissionne le ministre de l'Environnement

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Le ministre bolivien de l'Environnement et de l'Eau, Felipe Quispe, a présenté sa démission à la demande du président Evo Morales, qui l'accuse de lui avoir menti. Quispe était ministre depuis le mois de janvier.

"Ce ministre de l'Environnement doit démissionner" a déclaré dimanche Evo Morales. Le motif? Avoir affirmé au président que la localité d'Uyuni, riveraine du salar riche en lithium, disposait d'un approvisionnement en eau potable, alors que ce n'est pas le cas. "Celui qui ment, il vaut mieux qu'il démissionne et qu'il ne nuise pas aux autorités", a conclu le président, au cours de l'inauguration de la route Uyuni - Potosí.

Puisque Evo Morales était sur place, il a pu immédiatement constater que l'information donnée par son ministre était fausse, en conclure qu'on lui mentait, clouer l'infâme politique au pilori et en faire un exemple à l'attention des autres: "Nous espérons que cette petite réflexion nous servira pour que les autorités assument leurs responsabilités", a-t-il aimablement déclaré.

Bon. Faire un exemple, c'est bien joli, mais il y a des détails curieux. Oh, ce n'est pas le grand complot, mais El Economista (Espagne) développe un peu l'information et indique que Morales avait posé la même question au maire Froilán Condori, lequel lui aurait également dit qu'il y avait de l'eau potable à Uyuni. Soit ils ne se sont pas compris, soit El Economista s'est trompé, soit Condori a également menti à Morales. De plus, le maire connaît forcément la situation de près, de plus près que le ministre qui a pu se tromper...

Conclusion et moralité: en Bolivie, si ministre tu veux rester, tu as intérêt à bien connaître tes dossiers.

[Au passage, j'ai potassé un peu la question parce que j'ai eu un doute: l'ex-ministre est Felipe Quispe Quenta, et non Felipe Quispe Huanta "El Mallku", le leader aymara, principal concurrent de Morales sur le créneau du candidat indien à la présidentielle. Dommage, ça aurait été rigolo.]

El País nous en dit un peu plus après avoir interrogé le maire d'Uyuni: il y a bien de l'eau à l'aéroport d'Uyuni, mais elle n'était pas disponible à l'heure de la visite du président. Comme il fait - 10°C la nuit, fatalement, elle gèle. Je continue à penser que liquide ou gelée, cette histoire d'eau et de mensonge est bien curieuse.