Après l'incendie de la prison de Comayagua, qui a fait 358 morts et des centaines de blessés - notamment parce qu'il n'y avait que 6 gardiens pour 850 prisonniers, pas de plan d'évacuation, et que le maton détenteur des clés d'un certain nombre de cellules s'est carapaté pour sauver sa peau -, le journaliste Pablo Ordaz revient sur la situation du pays, dans une analyse publiée par El País. Et il est extrêmement désabusé.
Les accusations répétées de narcocorruption dans la police hondurénienne ont beau être désagréables à entendre pour les pouvoirs publics (voir ici), elles n'en ont pas moins l'air fondées. En tout cas, le mécontentement de la population gronde. C'est pourquoi cinquante responsables de la police nationale seront priés de se soumettre au polygraphe, le fameux détecteur de mensonges, et à des tests antidopage - mmm, on cherche quel dopant? Cocaïne?
Le gouvernement du président Porfirio Lobo, au pouvoir depuis janvier 2010, vient de connaître son plus grand bouleversement, rapporte El Heraldo. Plusieurs ministres et hauts fonctionnaires ont quitté leurs postes, l'occasion pour le président de rebattre les cartes en fonction des résultats de chacun.
Un membre actif du Front National de Résistance Populaire, le nouveau parti du président déposé Manuel Zelaya, a été assassiné hier mercredi 8 septembre. Emmo Sadloo, dit "Emo", a été abattu de 6 balles tirées par un motard sur son lieu de travail.
Dans le nord du pays, 40.000 familles cherchent à récupérer les terres qui leur ont été attribuées lors de la réforme agraire des années 70-80. Les grands propriétaires terriens ne sont pas prêts à se laisser faire. Dernier bilan: 11 morts la semaine dernière.