La décision était attendue depuis plusieurs semaines: en Espagne, les frais d'inscription à l'université vont augmenter. Pardon, en novlangue: les étudiants vont contribuer un peu plus au financement de leurs études. Il faut trouver trois milliards d'euros à économiser sur l'Education.
Le gouvernement du Parti Populaire devra faire passer de nombreuses mesures impopulaires pour satisfaire aux exigences de l'Eurogroupe et des marchés financiers, mais n'est pas disposé à supporter les probables manifestations de la population. Après la mobilisation des Indignés, les violences de Valence et les manifestations du 29 mars, jour de grève générale, la législation sera revue.
En ce moment le slogan de la vie espagnole pourrait être: aujourd'hui moins bien qu'hier et bien mieux que demain. Je ne leur donne pas deux mois pour ressembler à la Grèce.
Le gouvernement populaire a énoncé hier une série de propositions destinées à protéger les propriétaires qui ne peuvent plus faire face au remboursement de leur crédit immobilier (en général à taux variable, la bonne idée). L'enthousiasme des médias n'aura duré que quelques heures: le temps d'analyser plus avant ce qui est applicable... ou pas.
L'économiste et ancien ministre vénézuélien Moisés Naim publie dans El País une tribune passionnante sur les parallèles entre l'actuelle crise économique européenne et les expériences antérieures des différents pays latino-américains. Mais, déplore-t-il, les Européens sont trop fiers (Europ is different, comme on disait il y a quelques années Spain is different) pour tirer les leçons des tentatives de traitement de crise d'un autre continent.